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Le parapluie de Samuel

Avec les enfants, nous avons inventé une histoire. Pendant un temps, j’ai pensé la proposer sur Whisperies, mais il fallait trouver une personne pour la mettre en dessin et je n’ai jamais franchi le cap.

Je l’écris donc ici, libre à quelqu’un de s’en servir à son tour, de la faire évoluer1 ou de la mettre en images.

Depuis quelques semaines, il se passe quelque chose dans le village de Samuel. Le mauvais temps perdure et les enfants disparaissent les uns après les autres.

Inquiet, le papa de Samuel lui a interdit d’aller à l’école seul. Tous les matins, il lui tient fermement la main jusqu’au portail ; ce qui ne plait pas à Samuel, qui ne compte pas se laisser faire.

Un matin, Samuel attrape le parapluie rose à point blanc de son Papa, et décide de partir seul pour l’école. Il sort de la maison, ouvre son parapluie, et avance en direction de l’école, située à quelques mètres de là.

« Que pourrait-il bien m’arriver ? » pense Samuel quand une énorme bourrasque de vent s’engouffre sous son parapluie.

« Je ne peux pas le lâcher, Papa sera en colère ! » se dit Samuel tandis qu’il s’agrippe au parapluie. Mais, porté par le vent, celui-ci s’élève dans les airs. À la hauteur des voitures, d’abord, puis des arbres. Rapidement, Samuel se rend compte qu’il est au-dessus des immeubles les plus hauts. Hors de question de lâcher !

Samuel s’élève, s’élève. Désormais, il peut voir toute la ville en un clin d’œil. Il continue de monter, monter, et ses bras fatiguent… Finalement, épuisé, il ferme les yeux, lâche le parapluie et tombe.

Ses pieds touchent immédiatement le sol. Samuel vient d’atterrir sur une toute petite planète, qui flotte dans le ciel. Quand il ouvre les yeux, il est entouré de nombreux enfants. Il y a Aïsha, sa voisine, et Gabriel, le fils de Madame la Maire… En fait, il y a tous les enfants disparus !

« Ah, Samuel, te voilà ! Toi aussi tu t’es fait prendre par le vent ? Nous avons tous atterri ici en nous agrippant à nos parapluies. Certains sont là depuis plusieurs jours ! »

Quelques heures sont nécessaires à Samuel pour reprendre des forces. Les enfants, autour de lui, semblent bien organisés. Certains collectent la nourriture apportée par le vent et organisent les distributions tandis que d’autres s’occupent de construire des jeux pour passer le temps.

« Vous n’avez jamais envisagé de repartir ? », demande Samuel.

« Nous ne pouvons pas prévenir nos parents », dit Chloé, « la planète est grise dans le ciel gris, personne ne nous voit. Et nous sommes trop loin pour que quelqu’un entende nos cris ! ».

« Nous ne pouvons quand même pas sauter dans le vide. », lui répond Kylian.

« Si seulement ces parapluies ne nous avaient pas emmené jusqu’ici ! » pleure Colin.

« Ce qui nous manque, c’est quelque chose pour nous empêcher de tomber » réfléchit Zoé. « Samuel, as-tu as toujours ton parapluie ? », lui demande-t-elle. Samuel acquiesce : « Il est tombé à côté de moi quand je suis arrivé, pourquoi ? »

Zoé court vers le parapluie, le soupèse, en juge la solidité. Elle prend ensuite son élan, saute en l’air, puis ouvre le parapluie, ce qui lui permet de flotter quelques mètres. « Je pense que ça peut marcher. En sautant dans le vide, puis en ouvrant le parapluie, quelqu’un peut rejoindre le village et prévenir nos parents que nous sommes là ».

Samuel fait le tour des enfants présents : il faut trouver quelqu’un de courageux, assez fort pour bien tenir le parapluie, mais suffisamment léger pour ne pas s’écraser. Aïsha se porte volontaire, et remplit toutes les conditions. Encouragée par l’ensemble des enfants, Aïsha prend son élan, court, puis se jette dans le vide en tenant fermement le parapluie de Samuel.

Tous les enfants retiennent leur souffle tandis qu’Aïsha tombe dans le vide. Au bout de quelques secondes, elle ouvre le parapluie qui ralentit sa chute, puis atterrit au milieu du village.

Aïsha court prévenir la mère de Gabriel, qui implique rapidement les pompiers. Au bout de quelques heures, c’est tout le village qui se rassemble pour trouver une solution. Le père de Colin propose de prêter son ballon dirigeable, ce qui permet d’atteindre la planète, sur les indications d’Aïsha. En moins d’une journée, tous les enfants sont secourus.

Depuis cette aventure, la vie n’est plus la même au village. Le soleil est revenu et personne n’a revu la planète dans le ciel. Les enfants sont libres d’aller à l’école seuls et participent désormais à l’organisation de la vie. Maintenant qu’ils savent comment faire, hors de question de laisser ça aux parents !

  1. Il est probable que cette version évolue également.