Je marchais dans la rue, longeant des maisons, pour récupérer mon fils chez un ami. Un pas, puis l’autre, les maisons, alignées sur le côté, et soudain, un éclair dans ma tête : cette maison, là-bas, celle avec les volets bleus, elle n’est plus qu’un tas de pierres, qu’un nuage de poussière, qu’un sifflement.
Je me relève, le souffle coupé, les poumons en feu, et je cours. Je cours vers les décombres, les mains nues, le coeur à vif. J’arrache, je soulève, je respire fort, évident de hurler pour entendre les gémissements. Et si je trouvais un de ses vêtements ? Son bras ? Son visage ?
Mais non, tout est dans ma tête.
Le voilà, debout, devant la maison d’à côté, sac à l’épaule, sourire aux lèvres, nonchalant, paisible.
Et moi, je tremble encore, et depuis plusieurs jours parce que ma vie est si douce, comme l’était celle de tant d’autres.